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Le mot du Président 2020

Cher(e)s Collègues, Cher(e)s Membres de la SOFFCO-MM, Cher(e)s Ami(e)s, 

En ce début d’année 2020, je vous souhaite ainsi qu’à vos proches une belle et heureuse année 2020. Que celle-ci vous apporte Bonheur, Prospérité, et donne Longue Vie à notre Société. 

L'année 2019 s’est terminée après un grand nombre d'événements qui ont beaucoup compté. Notre société intéresse, interroge, et rend envieux bon nombre de personnes qui regarde notre spécialité progresser et surtout s’étoffer, « s’épaissir » dans sa structure même. Les difficultés que nous avons rencontrées durant l’année passée doivent être considérés plus comme un bien que comme un mal, car nous devons toujours penser à évoluer, à réfléchir et à progresser. Notre spécialité intéresse les pouvoirs publics qui se demandent pourquoi une telle progression ; elle intéresse aussi les établissements de santé privés, publics, universitaires. J'en veux pour preuve qu'aujourd'hui il n'y a pas un établissement de santé privé ou public de type MCO, qui imagine fonctionner sans chirurgie bariatrique. La majorité des annonces de recherches de chirurgien que font les établissements privés, par exemple, stipulent très souvent une demande de Chirurgien Bariatrique. Il en est de même dans les centres hospitaliers généraux. Le problème des centres universitaires est très différent ; on ne peut pas nier l'existence d'un certain ostracisme vis-à-vis de la chirurgie bariatrique universitaire parmi nos collègues universitaires des autres tendances de la chirurgie digestive. D’un autre côté, nos collègues du secteur libéral imaginent le chirurgien universitaire bariatrique comme un censeur. Tout cela relève de la désinformation, du niveau du « complotisme ». Qu’on ne s’y trompe pas ! Tout le monde est concerné, tous les chirurgiens de notre spécialité sont dans la même barque ; et gare à celui qui ferait pencher le navire du mauvais côté. Nous nous devons de garder notre EQUILIBRE ; c’est notre survie. Ceci d'ailleurs nous a valu au cours de cette année 2019 un moment extrêmement désagréable durant lequel certains de nos collègues ont souhaité faire sécession ; mais il ne faut pas s'y tromper, ceci provoquerait la disparition de notre société savante purement et simplement ; notre société vit de sa diversité. 

Je souhaitais retracer avec vous les principaux événements qui ont marqué cette année 2019 : 

          1. Le déremboursement du By-Pass Gastrique en Oméga (BPGO) par la CNAM. Il a provoqué la colère de nombreux chirurgiens qui pratiquaient cette intervention. Malheureusement, ce déremboursement a suivi un circuit des plus classiques : demande par la SOFFCO-MM auprès de la CNAM du référencement de la technique afin qu’elle soit individualisée dans la CCAM, saisine de la HAS de la demande de la CNAM, rendu de l’avis de la HAS sur la base des travaux sérieux et disponibles à ce jour, avis négatif, déremboursement. Pour information, cet avis est consultable sur le site de la HAS. Le référencement de la Sleeve gastrectomie en 2008 a connu le même parcours, mais pas la même destinée ; c’était une autre époque. Un exemple simple permet de comprendre que les choses ont changé. Les règles de participation des chirurgiens (bariatriques) aux groupes de travail de la HAS sont telles qu’aucun membre du conseil d’administration (entre autres) de la société savante ne pourra participer à ces travaux, pour raisons de conflit d’intérêt. Et cette règle est valable pour les autres spécialités médicales ou chirurgicales ; et fait grincer des dents. Nous travaillons, avec d’autres spécialités, pour faire évoluer ce principe beaucoup trop draconien. La CNAM a accepté que des groupes de travail soient constitués pour poursuivre l’évaluation du BPGO sur la base, et du Registre de la SOFFCO-MM et du SNIIRAM (base de données nationale de la CNAM) ; ces bases sont complémentaires et permettraient de recueillir des informations précieuses propres à la chirurgie française « dans la vraie vie », car c’est bien de cela dont il s’agit. Une liste de noms de chirurgiens bariatriques du privé, du public, et n’appartenant pas au CA de surcroit, a été fourni à la CNAM. Tout cela prendra du temps, mais je ne pense pas qu’il faille voire à court terme seulement, et nous devons travailler pour les générations futures ; la chirurgie digestive dans son ensemble en a bien besoin. Derrière ce combat, il y a la révision de la nomenclature des actes en chirurgie bariatrique, point fort pour notre spécialité ; nous allons pousser pour que cela se passe dans les meilleurs délais. De la même façon, les recommandations de la prise en charge médico-chirurgicale de l’obésité doit être revue, car datant de 2009, déjà. Tout cela, les caisses et les pouvoirs publics en sont bien informés. 

           2. La mise sous autorisation prochaine des centres pratiquant la chirurgie bariatrique : La DGOS a reçu en novembre dernier quatre d’entre nous (un privé, deux publics universitaires et un public non universitaire) pour commencer à travailler sur ce projet que le gouvernement entend faire passer avant la fin de l’année 2020 ; il est peu probable que cela se fasse si rapidement car le ministère de la santé est quelque peu occupé actuellement avec les retraites… Cela dit, nous sommes très vigilants à ses avancées ; les travaux préliminaires sont rassurants en ce qui nous concerne, et les pouvoirs publics craignaient qu’un achoppement se fasse sur la notion de seuil d’interventions (30 ou 50 interventions bariatriques par an). Or il se trouve que la SOFFCO-MM, avec la labellisation a fait la grande partie du travail, travail qui a d’ailleurs été approuvé par la DGOS. Donc, nous sommes déjà dans les bons rails : le seuil pour le nombre d’interventions par an sera de 50, avec un temps d’entrée pour obtenir ce seuil pour les nouveaux arrivants d’au moins deux ans. Il y a bien d’autres critères opposables, mais tout coïncide déjà avec les critères de la labellisation. Un dossier que nous suivons pas à pas, ensemble. 

           3. La demande d’accord préalable dématérialisée : Elle est fonctionnelle depuis mars 2019. En soi, c’est un progrès, mais les dysfonctionnements ont été nombreux depuis le début. Surtout informatiques ; mais ceux-là disparaitront. Reste le temps que cela prend, même avec l’expérience ; et on ne peut pas imaginer que tout cela soit un accélérateur dans le système ; j’y vois un ralentisseur plutôt, indépendamment du progrès que cela représente. Nous avons beaucoup parlé des deux RCP pour les cas complexes. Personne ne savait comment renseigner cela pour les réinterventions après échec ; la CNAM nous a éclairé, bien qu’incomplètement sur le sujet, en nous précisant que c’était la date de la première RCP pour la première intervention qui correspondait à cette première RCP, et non deux RCP pour décider d’une réintervention. Cela a bien été dit au cours de la réunion plénière du 4 décembre 2019, et charge à la CNAM de diffuser cela auprès des caisses régionales, ce qui quand-même tarde à se mettre en place et se fait parfois avec un bonheur variable dans les différentes caisses régionales. Mais nous devons discuter fermement avec les caisses à nos échelons locaux, en donnant cet argumentaire, jusqu’à que ce que la CNAM supprime cet item, ou ne le laisse que pour les vrais cas complexes avec des pathologies associées (cardiaques, rénales, pulmonaires, de greffe,…) qui à juste titre nécessite une RCP spécifique de la spécialité en question pour statuer. 

De nombreux challenges nous attendent au cours de cette année 2020. Parions qu’elle sera intense et pleine. Aussi, je vous invite à nous retrouver pour partager tous ces challenges, au cours du prochain congrès national de la SOFFCO-MM, qui aura lieu à Paris- La Défense que 28 au 30 mai 2020 !

 

Amitiés à tous.

Simon MSIKA 

Président de la SOFFCO-MM 

Contenu modifié le 06/02/20